Comment se répartit le télétravail en Belgique et ailleurs ?

En Belgique près d'1 travailleur sur 5 télétravaille régulièrement

17% des travailleurs en Belgique télétravaillent au moins un jour par semaine. Quel que soit le type ou la taille de l’entreprise (SPF Mobilité et Transports, 2018).

Les grands employeurs sont en tête. 19% des travailleurs d’entreprises de plus de 250 travailleurs font usage du télétravail, alors que seulement 12% le font lorsque l'employeur compte moins de 10 travailleurs.

En moyenne, les travailleurs réalisent 1,4 jour de télétravail par semaine. La plupart des télétravailleurs effectuent 1 jour de télétravail par semaine.

# jours de télétravail % télétravail
1 jour 12%
2 jours 3,6%
3 jours 0,8%
4 jours 0,6%
Total 16,9%
Répartition en fonction du nombre de jours de télétravail par semaine (SPF Mobilité et Transports)
Bon à savoir

La définition du télétravail n’est pas forcément la même en Belgique et dans les autres pays européens : une diversité qui complique l’analyse et l’interprétation des chiffres du télétravail, même au sein de notre propre pays. Vous trouverez ici un aperçu des tendances les plus récentes et les données les plus fiables. Mais sachez, qu’aujourd’hui, il n’existe aucune statistique officielle sur le télétravail ni en Belgique ni en Europe.

Le télétravailleur belge est ...

  • un homme ou une femme, le genre n’est pas significatif
  • a entre 35 et 49 ans
  • diplômé de l’enseignement supérieur
  • travaille dans une grande entreprise
  • actif dans le secteur des services

Evidemment, les profils sont multiples ! Mais, il s'agit d'une tendance issue d'une très récente enquête du SPF Mobilité et Transports. 

Consultez les résultats complets de l'enquête sur le télétravail 2018

Une grande influence sur la mobilité et la sécurité routière

Les télétravailleurs actuels permettent une réduction de 5% des trajets domicile-travail. Cela monte jusqu’à 7% des kilomètres réellement parcourus lorsque l'on prend en compte la distance domicile-travail des télétravailleurs. En effet, les télétravailleurs - et c'est une tendance très belge pour tous les travailleurs avec ou sans télétravail - habitent relativement loin de leur lieu de travail. Au total, ce sont 24 millions de kilomètres parcourus en moins chaque année.

Et, ce serait en particulier les heures de pointe qui seraient soulagées : environ deux tiers des kilomètres parcourus entre 6h et 9h sont liés aux trajets domicile-travail. En toute logique, les accidents routiers y sont directement corrélés.

La Belgique, plutôt un bon élève européen

Nous nous situons dans la moyenne européenne supérieure, derrière les pays nordiques tels que la Finlande, le Danemark ou encore les Pays-Bas. Ceci confirme que le télétravail fait partie de la manière dont nous réalisons notre travail mais, le télétravail est loin d'être un réflexe, à l'image de nos voisins du Nord. Là-bas, le télétravail fait pleinement partie des conditions de travail, c'est ce qu'on appelle la culture de télétravail. Elle existe en Belgique mais peut encore croître : la plupart des employeurs préfèrent opter pour du télétravail ponctuel ou à raison d'1 jour par semaine plutôt que de le considérer comme une nouvelle normalité. 

Source : Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), 2016

Le potentiel de croissance en Belgique est énorme

Jusqu’à 42% des travailleurs belges pourraient télétravailler au moins 1 jour par semaine. Ce chiffre comprend les travailleurs qui télétravaillent déjà et ceux qui le voudraient bien. Ces derniers ont des emplois qui s’y adapteraient facilement, parfois moyennant quelques ajustements mineurs, le principal obstacle venant souvent de leur employeur.

"Si à terme, toutes ces personnes pouvaient télétravailler sur une base régulière (au moins 1 jour par semaine), cela aurait un très gros impact sur les kilomètres parcourus dans le cadre des déplacements domicile–travail. À l’heure actuelle, nous voyons 7 % de kilomètres évités. À l’avenir, cela pourrait grimper jusqu’à 16,5 %"

Evidemment, le télétravail ne convient pas à tous : 12% des non-télétravailleurs qui pourtant sont éligibles au télétravail et dont l'employeur offre cette possibilité pour la fonction ne souhaitent pas télétravailler. Les principales raisons évoquées par les non-télétravailleurs sont la crainte de la perte du contact avec les collègues et la difficulté de séparer vie privée et vie professionnelle. 

Les conséquences d’une généralisation du télétravail seraient donc colossales. Même si à l’évidence, le potentiel diffère selon le secteur, la culture d’entreprise, la fonction, etc. Et aussi selon la taille de l’entreprise.

SPF Mobilité et Transports

Les bureaux satellites et de coworking

Près de 10% des grands employeurs proposent le télétravail depuis leurs bureaux satellites. 58% des télétravailleurs s’y rendent en voiture, tandis qu’ils iraient pour la plupart travailler en train.

Le trajet moyen vers un espace de coworking dure moins de 30 minutes pour 87% des coworkers, là où la durée du trajet jusqu’au bureau est en moyenne de 37 minutes. Le coworker a, en moyenne, 39 ans. Il est généralement free-lance mais  tout de même 18% sont des salariés!. (enquête CoWallonia 2018)

Lisez-en plus sur le coworking 

Les PME restent timides

Plus de 99% des entreprises belges sont des PME. Elles emploient 70% des travailleurs du pays.

Mais, dans la pratique, le télétravail est moins répandu au sein des petites structures : 13% des travailleurs au sein des PME font au moins 1 jour de télétravail par semaine, contre 19% au sein d'employeurs de plus de 250 travailleurs. 

Selon une enquête du Syndicat Neutre pour Indépendants (2013), un tiers des PME où le télétravail est effectivement possible proposent effectivement du télétravail à leurs travailleurs. Il s'agit des secteurs hautement activables, soit hors Horeca, transport, petits et grands commerces et industrie.

Ce chiffre est en augmentation : en 3 ans, le nombre de PME proposant du télétravail est passé de 16% à 29%.  

« Cette progression a un lien avec l’évolution technologique et l’intérêt grandissant pour le travail à domicile », signale Christine Mattheeuws, présidente du SNI.

Le plus grand frein évoqué par les PME est la multiplicité des tâches réalisées par un travailleur, souvent directement liées au lieu de travail, comme accueillir un visiteur ou un fournisseur, répondre au téléphone ... En outre, les PME recrutent souvent localement : la distance domicile-travail parcourue est ainsi plus faible que pour les plus grandes entreprises. 

L'absence d'une personne dans une PME est souvent plus difficile à combler que dans une entreprise de plus grande envergure.

Selon cette même enquête, 64% des dirigeants estiment pourtant le télétravail utile, en particulier pour limiter les déplacements et offrir plus de flexibilité au travailleur. Ainsi, souvent des aménagements horaires sont proposés, offrant au travailleur la possibilité de commencer plus tôt ou plus tard, souvent avec très peu d'administratif (communication ouverte). Cette souplesse horaire et la confiance dans le travailleur sont deux spécificités des PME, qui s'avèrent aussi être deux facteurs de succès pour une politique de télétravail. 

Découvrez le concept du nouveau monde du travail, focus PME. 

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